vendredi 17 février 2012

Faux départ

Enfin j’ai un peu de temps pour commencer ce blog ! Ca fait maintenant presque deux semaines que j’ai quitté la France, et huit jours que je suis arrivée à Dohuk, et je n’ai eu jusqu’à présent pas une minute à moi pour commencer à vous raconter tout ça. Et pourtant, il y a vraiment matière à raconter ! Du départ de Châtillon la larme à l’œil le 31 janvier (c’est bien la première fois que je suis émue en quittant cette ville – comme quoi on devient sentimental avec le temps !), à l’arrivée à Dohuk le 10 février, il s’est probablement plus de choses que durant les six derniers mois. Trois étapes, trois ambiances : Paris, ses -10°, ses cafés et les dernières soirées entre copains, Beyrouth, l’escale printanière et les retrouvailles avec mon ancien coloc Miguel, et puis l’arrivée au Kurdistan, où l’Irak fantasmé fait enfin place à une réalité d’une étonnante banalité. Difficile de faire le tri dans les anecdotes à raconter et les premières impressions qui mêlent le choc du dépaysement radical et de l’étrange familiarité.

Commençons donc par le faux départ…

Après trois journées de formation intensive à Beyrouth passée enfermée 9h de suite dans un immeuble de banlieue donnant sur le plus grand KFC que l’humanité ait jamais connu (en tout cas j’espère, car il faisait bien la taille de l’Inter de Châtillon, et sur plusieurs étages en plus), je me suis réveillée mercredi 8 février avec cette pensée: « Ce soir, je dormirai en Irak »… et je crois que c’est seulement à ce moment-là que j’ai commencé à réaliser, et à stresser. Parce que bon, même si je sais pertinemment que le Kurdistan c’est l’Irak facile, le tampon sur le passeport sans la bombe au coin de la rue, et qu’on m’a prédit une vie à Dohuk encore moins palpitante qu’à Châtel-Fontaines, je ne peux m’empêcher de penser que la grosse ville la plus proche ce ne sera plus Dijon, mais Mossoul, et là tout de suite, ça fait moins gentillet. Ainsi, ce mercredi-là, à Beyrouth, à 7h du matin, un mois et demi après mon premier entretien téléphonique, deux semaines après avoir eu la réponse définitive, et 4 jours après le début du mon contrat, mon cerveau a enfin percuté. « Ce soir, je dormirai en Irak », et ouais !

Et ben non, finalement : après avoir poiroté de 18h à 22h dans l’aéroport le plus chiant du monde à côté d’une bande de scout libanaises qui nous faisait le coup de la chorale de la paix (mais laissez-moi bouquiner tranquille, putain !!!), notre vol est annulé en raison d’une tempête de sable à Erbil. Une soirée de perdue à l’aéroport, mais une journée de rab libanais...

Le lendemain, quand enfin l’avion a décollé, mon angoisse s’était déjà évaporée. Je sais bien que ces prochains vont très certainement être assez solitaires, et que ma vie sociale et sexuelle aurait certainement été plus remplie si j’avais trouvé un job à Beyrouth (ou Paris d’ailleurs), mais comme Mr. Eddy j’ai l’esprit grande prairie, et aller en Irak m’a toujours fait rêver. J’avoue que je crains un peu, en abordant ce pays par le Kurdistan, de me sentir un peu comme un touriste voit les guichets du Louvre fermer sous son nez, puisque, malgré la proximité il y a peu de chances (pour ne pas dire aucune) que je puisse visiter Bagdad (ou ce qu’il en reste) ou aller à Babylone. Qu’importe, le Kurdistan, c’est déjà une aventure en soi ! Et puis mes ovaires ne sont pas encore périmés, je peux bien me payer un petit bonus de jachère…

5 commentaires:

  1. J'adore te lire! go on! et plein de pensées parisiennes....
    Laure

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  2. Comme j'imagine que c'est pas facile de tenir un blog, un petit encouragement
    Hate de lire la suite et des bisous au passage
    Audrey

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  3. Réponses
    1. Comme tu auras du tps pour écrire, ravie de suivre tes découvertes au pays des Kurdes, avec tes coups de cœur et tes coups de gueule !!! bon moyen le blog pour étayer ta vie sociale, quand à tes ovaires... plein de bises. Tata

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