mercredi 22 février 2012

Welcome to Kurdistan, part two – les joies de l’hiver


Petit à petit, shway shway, je rattrape mon retard et avance dans le récit des premiers jours. Mais non, ami lecteur, toujours pas de description de Dohuk en vue ! Je garde ça pour la prochaine fois – si tu es sage. Pour le moment, j’aborde le sujet par la toute toute petite porte : la maison de ma collègue MC, qui m’a hébergé lors de mes premières nuits à Dohuk.

Arrivées à l’aéroport d’Erbil le jeudi soir, nous dormons sur place, histoire de nous remettre de nos émotions (la virée à Carouf, j’entends, pas le fait d’être en Irak). Nous prenons donc la route pour Dohuk le vendredi matin, fonçons tout droit au bureau, bossons jusqu’à la nuit, puis rentrons dormir chez ma collègue MC, crevées de notre journée. On est trois, elle a trois chambres : parfait, c’est le grand luxe ! A un détail près : il fait dans la maison à peu près aussi chaud que dehors, c’est-à-dire dans les 8 degrés (la journée). Heureusement les chambres sont équipées d’une clim réversible ! Enfin… deux sur trois le sont, et comme ma autre collègue est un peu malade, je me retrouve dans la troisième chambre, avec un chauffage à gaz de rien du tout (elle essaie de me faire croire que ça chauffe bien, mais ma cocotte, je ne suis pas née de la dernière pluie, c’est pas mon premier hiver oriental, et je sais bien que ça vaut pas un clou, ton chauffage à gaz, si t’es à plus de 80cm de l’engin). Comme lot de consolation, j’ai droit à la meilleure couette de la baraque pour compenser, et une bouillotte pour me remémorer mes meilleurs moments à la favela… Et puis je me console en me disant que, contrairement à mes acolytes, je ne risque pas le choc thermique en passant d’une pièce à l’autre de la maison…

On se boit une petite infusion de mamie dans la cuisine en gardant nos manteaux, et après un pipi, pyjama, et au lit ! Enfin, c’est plus vite dit que fait. Première étape, le pipi… Ah tiens, « sympa », elle a des WC à la turque. Déjà je passe 2mn à me demander dans quel sens me mettre. J’ai toujours ce dilemme dans les WC à la turque : vaut-il mieux s’accroupir face au mur, la tête dans les éclaboussures des gens passés avant, ou bien face à la porte, en se demandant toujours si on ne va pas gicler trop fort et déborder partout – et oui nous les femmes on ne maîtrise pas toujours notre force… (note pour maman : tu as failli à ton rôle, tu aurais du m’apprendre ça quand j’étais petite, après  j'ai jamais osé poser la question et me voilà, 27 ans plus tard, étalant mon traumatisme du sens du pipi dans les WC à la turque devant tout le monde – j’espère que tu te rends compte de ta responsabilité dans cette affaire). Au bout d’un moment, et après plusieurs essais, je me décide finalement pour l’option « face à la porte », je baisse mon pantalon, et voilà que surgit le 2ème problème : comment on fait pour voir où on vise avec le pantalon qui cache tout ? Je vais comment même pas me mettre à poil juste pour pisser ??? J’avoue que, en temps normal, je m’embarrasse moins de ce genre de questions, j’y go, et advienne que pourra. Mais bon, en temps normal, quand je me retrouve dans des WC à la turque, c’est dans des lieux publics, mais là, si j’en mets au large, je ne sais pas si ce sera de bon augure pour mes relations de travail avec ma nouvelle collègue ! Donc je me prends encore la tête pendant une ou deux minutes avant de me jeter à l’eau avec le plus de délicatesse possible. Et là, la surprise me fait oublier tous mes questionnements existentiels : il fait tellement froid dans ces WC que mon urine fait de la vapeur ! Bouchez vos nez si vous ne voulez pas inhaler !!!

Après ça, je file dans ma chambre, me déshabille, et mets mon pyjama de l’extrême : col roulé, chemise de nuit et chaussettes qui montent au genou (le lendemain j’ai même ajouté un pantalon), je cale la bouillotte entre mes pieds, et c’est parti pour une nuit dans la chambre froide ! De toutes façons, il faut que je profite du froid tant qu’il est là : l’été il fait 50 degrés…


PS : non, frangin, je m’entends bien avec elle, mais MC n’est pas l’abréviation de ma couille – ça, je te le réserve !

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