Ca y est, c’est le
dernier rappel. Trois semaines après le départ de Dohuk, c’est bel et bien l’heure
du dernier pour la route.
Comme la vie est
bien faite (parfois, en tout cas), celle-ci s’est déroulée le 20 octobre, jour
du grand départ, dans l’avion pour Beyrouth. Là, à ma grande surprise, je me
suis fait draguer sévère par mon voisin de siège, un gentil octogénaire kurde. Il correspondait à mon profil tant chéri du « vieil Arabe
digne » (oui, ce terme s’applique aussi aux Kurdes qui le méritent), ces
beaux vieux qui me font doucement fantasmer. Donc je me suis laissée allée à mon
péché mignon, et j’ai entamé la conversation (mais attention, de manière tout à
fait appropriée, je n’ai pas fait ma midinette à draguer effrontément un papi
quand même, pour qui me prenez vous, « je suis une femme respectable » !), en me disant
que vu son âge, pas besoin de rester sur la réserve, je ne risquais pas
grand-chose… Quelle incorrigible naïve, cette Annie !
Objectivement, ma
chasteté ne risquait certainement pas grand-chose avec papi Khorshed, mais il
était quand même plutôt dans la lignée de Jacques Chirac que de Jean-Paul II
(j’avoue que là, autant la référence à Chirac est volontaire et réfléchie,
autant pour II, Jean-Paul II, c’est un peu arbitraire – mais j’ai tendance à
croire que feu JP2 n’était pas un dragueur invétéré). Ainsi, il
m’a gentiment proposé de partager un taxi à l'arrivée, puis, un peu vexé
de mon refus poli, m’a invité à venir boire un verre avec lui le lendemain. Non
merci papi, toujours pas ! Il s’est alors enquis de mon statut
matrimonial, afin de déterminer sans doute si j’avais une raison légitime de refuser
ses « avances » certes chastes, mais un poil gênantes. C’est ainsi
que, grâce à papi Khorshed, j’ai pu constater que, même si j’adore les vieux en
théorie (Johnny Koussa et compagnie), mise au pied du mur, je ne suis pas
encore prête à franchir le pas du passage à la pratique. Et voilà comment j’ai
raté ma seule véritable occasion en huit mois et demi de manger de la viande
locale !
Ca y est, sur
cette anecdote, ce blog est bel et bien fini, et, pour le refermer comme il a commencé
par une référence à Mr. Eddy, je vous le dis haut et fort (donc ce sera en
majuscules, à la Owen Meany) : « NON, JE NE VOUS FERAI PAS LE COUP DU
COME BACK, DES ADIEUX, DES REGRETS, NON, JE NE VOUS FERAI PAS LE COUP DU COME
BACK OH JAMAIS ».
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