samedi 10 novembre 2012

Bonus 4 - papi Khorshed ou la fin du mythe du vieil Arabe digne



Ca y est, c’est le dernier rappel. Trois semaines après le départ de Dohuk, c’est bel et bien l’heure du dernier pour la route. 

Comme la vie est bien faite (parfois, en tout cas), celle-ci s’est déroulée le 20 octobre, jour du grand départ, dans l’avion pour Beyrouth. Là, à ma grande surprise, je me suis fait draguer sévère par mon voisin de siège, un gentil octogénaire kurde. Il correspondait à mon profil tant chéri du « vieil Arabe digne » (oui, ce terme s’applique aussi aux Kurdes qui le méritent), ces beaux vieux qui me font doucement fantasmer. Donc je me suis laissée allée à mon péché mignon, et j’ai entamé la conversation (mais attention, de manière tout à fait appropriée, je n’ai pas fait ma midinette à draguer effrontément un papi quand même, pour qui me prenez vous, « je suis une femme respectable » !), en me disant que vu son âge, pas besoin de rester sur la réserve, je ne risquais pas grand-chose… Quelle incorrigible naïve, cette Annie ! 

Objectivement, ma chasteté ne risquait certainement pas grand-chose avec papi Khorshed, mais il était quand même plutôt dans la lignée de Jacques Chirac que de Jean-Paul II (j’avoue que là, autant la référence à Chirac est volontaire et réfléchie, autant pour II, Jean-Paul II, c’est un peu arbitraire – mais j’ai tendance à croire que feu JP2 n’était pas un dragueur invétéré). Ainsi, il m’a gentiment proposé de partager un taxi à l'arrivée, puis, un peu vexé de mon refus poli, m’a invité à venir boire un verre avec lui le lendemain. Non merci papi, toujours pas ! Il s’est alors enquis de mon statut matrimonial, afin de déterminer sans doute si j’avais une raison légitime de refuser ses « avances » certes chastes, mais un poil gênantes. C’est ainsi que, grâce à papi Khorshed, j’ai pu constater que, même si j’adore les vieux en théorie (Johnny Koussa et compagnie), mise au pied du mur, je ne suis pas encore prête à franchir le pas du passage à la pratique. Et voilà comment j’ai raté ma seule véritable occasion en huit mois et demi de manger de la viande locale !

Ca y est, sur cette anecdote, ce blog est bel et bien fini, et, pour le refermer comme il a commencé par une référence à Mr. Eddy, je vous le dis haut et fort (donc ce sera en majuscules, à la Owen Meany) : « NON, JE NE VOUS FERAI PAS LE COUP DU COME BACK, DES ADIEUX, DES REGRETS, NON, JE NE VOUS FERAI PAS LE COUP DU COME BACK OH JAMAIS ».

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