Un dernier petit post avant les vacances et le retour
temporaire au bercail, après quatre mois de retraite sociale à Dohuk,
ponctués seulement d’un nombre infinitésimal de sorties aératoires erbiloises
(la dernière datant de la mi-avril, je crois bien…). Parlons donc un peu des
changements de ma vie dohukienne et de mon premier mois de colocation du
troisième type.
Avec mon emménagement dans ma super maison et les divers
bouleversements professionnels récents, me voilà en effet depuis un mois en
train d’expérimenter un nouveau type de colocation : la coloc
intergénérationnelle à temps partiel. Je suis tellement fière de l’expression
que j’hésite à la faire breveter parce que franchement elle déchire.
D’ailleurs, j’aime bien aussi l’idée de cette nouvelle expérience de
colocation, qui s’ajoute à la longue liste de mes expériences colocatariales
toutes plus saugrenues les unes que les autres, même si, tout comme mon
expérience professionnelle kurde, je ne suis pas certaine que cette expérience
colocatariale soit la plus facile qui soit.
Il faut dire que, en matière de colocation comme de cuites,
je suis en perpétuel renouvellement: chaque expérience de coloc est originale,
tout comme j’ai un don particulier pour toujours trouver une nouvelle connerie
à faire à chaque cuite. On pensait que j’avais atteint le summum avec le
cassage de dents au gala de Sciences Po– dont on fêtera le 5ème
anniversaire dans 8 jours, soit dit en passant – et puis non : après il y
a eu le comptoir du Toy Bar, Nazareth, le shirout Tel Aviv-Jéru, puis le coup
du mariage…
Et bien pour la colocation c’est la même chose : à
chaque nouvelle maison une nouvelle aventure. J’avais fait, dans l’ordre :
- la
coloc a minima à Vienne, avec des Autrichiens sympas mais avec lesquels je ne
me suis jamais vraiment liée d’amitié,
- la
coloc de luxe rue Mignet, parce que clairement, vivre à 3 dans 100m2 dans le 16ème
en tant qu’étudiants, c’était le grand confort,
- la
coloc de filles de Jebel Hussein, où clairement on faisait n’importe quoi, dans
une baraque qui ressemblait à rien (un peu comme si on transposait des
comportements à la American Pie dans un décor proche-oriental, débauche et
cuites d’étudiantes déchainées sur fond d’horrible salon arabe maronnasse avec
438 fauteuils, des crucifix lumineux au-dessus des portes des chambres et des
images Panini de la Vierge collées sur le frigo)
- la
coloc-squat avec ma chère Annette, dont j’ai partagé l’appart et même le lit
pendant quelques mois à l’œil en 2007
- la
mythique favela, entre auberge de jeunesse et cocon familial
- la
colocation avec syrienne rigido-dépressive qui dort toute la journée et passe
ses nuits à pleurer devant la propagande de la télé nationale syrienne
- et
enfin la « colocation de couple » avec ma chère Lulu à Damas, où
pendant un mois on a tout fait ensemble : la bouffe, la vaisselle, le
ménage, les devoirs… un vrai petit couple de vieilles filles
Et nous voilà maintenant, en 2012, avec cette nouvelle
formule totalement inédite et inattendue. Chaque mois, jusqu’à la fin de mon
séjour dohukien, je vais partager ma maison une semaine avec ma boss, fin de
trentaine, et deux semaines avec papi Didier, l’agronome chef de projet
intérimaire, cinquantenaire, chrétien de droite (ça nous fait beaucoup de
points communs ça !!!) qui n’a pas encore saisi que partager le même
logement ne signifie pas forcément recréer ensemble une nouvelle famille. S’il
a effectivement l’âge d’être mon père, ce n’est pas une raison pour me traiter
avec paternalisme, en me prodiguant avec sollicitude toutes sortes de conseils
pour réussir ma vie (c’est-à-dire, fonder un foyer, vu que clairement, on ne
peut pas être heureux autrement dans la vie, c’est bien connu… C’est assez
marrant de me dire que mon propre papa – que je connais depuis un petit peu
plus longtemps, et qui aurait un peu plus de légitimité à se mêler de la
manière dont je fais ma vie – ne s’est lui jamais permis de me prodiguer de
tels conseils sur mes choix de vie.
Ma vie privée dohukienne sera donc désormais divisée en
trois types de périodes :
- les semaines « Delphine » = chocolat et boulot en veux-tu en voilà
- les semaines « papi Didier » = cohabitation style vieille France, tendance Christine Boutin (encore elle !)
- et enfin, les semaines de solitude bien méritées !
là, je réalise que j'ai du louper de mémorables moment de cuite mathildienne. Catch up à faire :)
RépondreSupprimerje crois que ça pourrait faire l'objet d'un blog à part, tellement il y a à dire sur le sujet ;-)
SupprimerDans ce conditions ta prochaine cuite sera à base de vin de messe.
RépondreSupprimer