dimanche 3 juin 2012

La colocation intergénérationnelle à temps partiel

Un dernier petit post avant les vacances et le retour temporaire au bercail, après quatre mois de retraite sociale à Dohuk, ponctués seulement d’un nombre infinitésimal de sorties aératoires erbiloises (la dernière datant de la mi-avril, je crois bien…). Parlons donc un peu des changements de ma vie dohukienne et de mon premier mois de colocation du troisième type.

 
 
Avec mon emménagement dans ma super maison et les divers bouleversements professionnels récents, me voilà en effet depuis un mois en train d’expérimenter un nouveau type de colocation : la coloc intergénérationnelle à temps partiel. Je suis tellement fière de l’expression que j’hésite à la faire breveter parce que franchement elle déchire. D’ailleurs, j’aime bien aussi l’idée de cette nouvelle expérience de colocation, qui s’ajoute à la longue liste de mes expériences colocatariales toutes plus saugrenues les unes que les autres, même si, tout comme mon expérience professionnelle kurde, je ne suis pas certaine que cette expérience colocatariale soit la plus facile qui soit.

Il faut dire que, en matière de colocation comme de cuites, je suis en perpétuel renouvellement: chaque expérience de coloc est originale, tout comme j’ai un don particulier pour toujours trouver une nouvelle connerie à faire à chaque cuite. On pensait que j’avais atteint le summum avec le cassage de dents au gala de Sciences Po– dont on fêtera le 5ème anniversaire dans 8 jours, soit dit en passant – et puis non : après il y a eu le comptoir du Toy Bar, Nazareth, le shirout Tel Aviv-Jéru, puis le coup du mariage…

Et bien pour la colocation c’est la même chose : à chaque nouvelle maison une nouvelle aventure. J’avais fait, dans l’ordre :

-    la coloc a minima à Vienne, avec des Autrichiens sympas mais avec lesquels je ne me suis jamais vraiment liée d’amitié,
-    la coloc de luxe rue Mignet, parce que clairement, vivre à 3 dans 100m2 dans le 16ème en tant qu’étudiants, c’était le grand confort,
-   la coloc de filles de Jebel Hussein, où clairement on faisait n’importe quoi, dans une baraque qui ressemblait à rien (un peu comme si on transposait des comportements à la American Pie dans un décor proche-oriental, débauche et cuites d’étudiantes déchainées sur fond d’horrible salon arabe maronnasse avec 438 fauteuils, des crucifix lumineux au-dessus des portes des chambres et des images Panini de la Vierge collées sur le frigo)
-   la coloc-squat avec ma chère Annette, dont j’ai partagé l’appart et même le lit pendant quelques mois à l’œil en 2007
-    la mythique favela, entre auberge de jeunesse et cocon familial
-    la colocation avec syrienne rigido-dépressive qui dort toute la journée et passe ses nuits à pleurer devant la propagande de la télé nationale syrienne
-    et enfin la « colocation de couple » avec ma chère Lulu à Damas, où pendant un mois on a tout fait ensemble : la bouffe, la vaisselle, le ménage, les devoirs… un vrai petit couple de vieilles filles
 
Et nous voilà maintenant, en 2012, avec cette nouvelle formule totalement inédite et inattendue. Chaque mois, jusqu’à la fin de mon séjour dohukien, je vais partager ma maison une semaine avec ma boss, fin de trentaine, et deux semaines avec papi Didier, l’agronome chef de projet intérimaire, cinquantenaire, chrétien de droite (ça nous fait beaucoup de points communs ça !!!) qui n’a pas encore saisi que partager le même logement ne signifie pas forcément recréer ensemble une nouvelle famille. S’il a effectivement l’âge d’être mon père, ce n’est pas une raison pour me traiter avec paternalisme, en me prodiguant avec sollicitude toutes sortes de conseils pour réussir ma vie (c’est-à-dire, fonder un foyer, vu que clairement, on ne peut pas être heureux autrement dans la vie, c’est bien connu… C’est assez marrant de me dire que mon propre papa – que je connais depuis un petit peu plus longtemps, et qui aurait un peu plus de légitimité à se mêler de la manière dont je fais ma vie – ne s’est lui jamais permis de me prodiguer de tels conseils sur mes choix de vie. 

Ma vie privée dohukienne sera donc désormais divisée en trois types de périodes : 
  • les semaines « Delphine » = chocolat et boulot en veux-tu en voilà
  • les semaines « papi Didier » = cohabitation style vieille France, tendance Christine Boutin (encore elle !)
  • et enfin, les semaines de solitude bien méritées !

3 commentaires:

  1. là, je réalise que j'ai du louper de mémorables moment de cuite mathildienne. Catch up à faire :)

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    1. je crois que ça pourrait faire l'objet d'un blog à part, tellement il y a à dire sur le sujet ;-)

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  2. Dans ce conditions ta prochaine cuite sera à base de vin de messe.

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