Un mois déjà que je suis dans mon trou du Kurdistan ! Admirez au passage le super jeu de mots… je me fais pas mal de blagounettes intérieures avec des jeux de mots niveau CP autour de ce nom (on s’occupe comme on peut…). A vrai dire, je ne l’ai vraiment pas vu passer, ce mois. Quand je pense que, d’après mes calculs, dans même pas 6 règles je suis de retour en France, je me dis que j’ai peut-être été un peu trop prévoyante sur la réserve de tampons… J’avoue que ma vie d’ours de ce premier mois m’inquiète un peu pour ce blog : c’est pas en bossant 45 heures par semaine et en passant le reste de mon temps cloîtrée dans ma chambre à lire les Mémoires d’outre-tombe (bouquin génial, soit dit en passant) que je vais récolter plein d’anecdotes croustillantes à vous raconter. Heureusement il me reste quelques petits trucs en réserve, en attendant de développer une vie sociale débordante (c’est pour très bientôt, je n’en doute pas).
Déjà, commençons
par le bilan météorologique de ce premier mois. En quatre semaines, j’en suis
déjà à mon troisième printemps, et deux hivers. La dernière vague de froid, le
weekend dernier, a carrément décroché le pompon : dimanche, grosses chutes
de neige et forte baisse de température, pic de consommation d’électricité,
résultat : on a eu des coupures au bureau tout l’après-midi. Et comme le
chauffage, c’est une clim réversible, on a fini par être obligées de se
réfugier au Dilshad, l’hôtel chic de Dohuk, qui a le wifi (le grand
luxe !) et ses propres générateurs en cas de coupure de courant (c’était
ça ou bien on allumait un feu de bois au milieu du bureau pour se réchauffer…).
Et comme une bonne surprise peut en cacher une autre, lundi matin, après une
nuit sans chauffage (et sans bouillotte !), il n’y avait pas d’eau !
A priori l’eau dans la réserve, sur le toit du bâtiment, avait gelé à cause du
froid… ahlan wa sahlan! Et nous voilà, quatre jours plus tard, à nous
réchauffer sous un soleil printanier… Et dire que, dans quatre mois, il fera 50
degrés et les gens s’apprêteront à entamer le Ramadan… ben j’ai pas hâte d’y
être !
Le deuxième mois
s’annonce plutôt sympathique. Mars, ici, c’est un peu comme mai en
France : tu cherches les jours non fériés. Evidemment, au boulot, on ne
s’aligne pas sur tous les jours fériés kurdes, sinon on ne bosserait pas 6 mois
dans l’année. Pour le mois de mars, on ne garde que Nawroz, trois jours de
congés pour fêter le nouvel an perse (j’ai quand même un peu l’impression
qu’ils bouffent à tous les râteliers, les kurdes, quand il s’agit de ne pas
bosser !). Mais c’est marrant, quand le matin, ton collègue kurde te dit
« Aujourd’hui c’est férié : c’est le jour de la libération du
Kurdistan (du joug de Saddam) », le lendemain « c’est férié : c’est
le jour de la libération de Dohuk », deux jours plus tard « c’est le
jour de la libération de Suleymanieh » (bon, Hamdi, t’es gentil, mais on
va peut-être pas fêter la libération de chaque village tant qu’on y
est ?). Et, hier matin, le clou : « aujourd’hui, c’est le jour
de l’habit traditionnel kurde», me dit-il en arrivant tout déguisé avec
son pantalon bouffant qui ressemble à un sarouel, sa grosse ceinture et son
keffieh local enroulé autour de la tête en turban. C’est marrant, moi je
croyais que c’était la journée de la femme ! Au temps pour moi, c’est vrai
que vu le statut déjà bien avancé de la femme dans la société kurde, elle n’a
clairement pas besoin d’un jour spécifique…
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