Ca fait un siècle que je voulais
vous parler du Parc Azadi (ya’ni parc de la liberté en kurde) et c’est toujours
pas fait ! C’est THE parc de Dohuk, le seul espace vert non jonché de sacs
poubelles et d'ordures, sorte de grand jardin public avec un aménagement à la
soviet fort sympathique, mais qui a (au moins) l’avantage d’offrir un super
panorama sur la ville. Ça faisait depuis mon arrivée à Dohuk qu’il me lorgnait
du coin de l’œil, je sentais bien qu’il m’attirait mais je faisais ma timide.
Et puis un jour il y a quelques semaines je me suis lancée, j’ai été y faire un tour pendant une
demi-heure de beau temps entre deux chutes de neige, et ma foi j’ai pas été
déçue du voyage.
Le parc est en deux parties qui
ont chacune leur charme particulier… La partie basse est faite d’une
forêt de lampadaires et de bancs répartis le long de petits chemins bétonnés
serpentant au milieu d’une pelouse bien apprivoisée, avec quelques fontaines et
ponts en plastoc par-ci par-là pour compléter l’impression de carton-pâte de ce
carré de verdure totalement aseptisé. J’espère sincèrement qu’ils ont eu un
prix de gros pour les lampadaires, parce qu’ils ont tellement forcé la dose que
de nuit on a un peu l’impression de passer à cause d’un magasin de luminaires…
En surplomb du parc se trouve une esplanade d’un goût certain à laquelle on
accède par une sorte de rampe en pente douce façon parking de supermarché
encadrée d’un muret à la peinture bleu ciel qui s’écaille (le festival du
glamour continue). Sur cette esplanade que se dresse une monumentale œuvre
d’art à la gloire du peuple kurde, dans le style néo-soviétique d’Asie centrale
(en tout cas dans mon imaginaire), représentant un couple regardant ensemble en
direction du drapeau kurde peint sur la montagne en face.
On a depuis l’esplanade une vue
magnifique sur la ville et ses maisons colorées. Mais attention, pas bigarrées
de couleurs vives, à la Valparaiso. Nan, nan, plutôt colorées à la
pastel-pissou-cucul, un peu comme les HLM de l’avenue Joffre (encore une
référence qui ne concerne que les Châtillonnais –il faudrait que je fasse un
peu des private joke avec les autres aussi, sinon on va finir par me trouver
biaisée). Voilà, une fois de plus, j’ai réussi à vous vendre du rêve, et je
sens que les visiteurs vont bientôt se bousculer au portillon pour venir tester
mes WC à la turque, faire une virée dans mon supermarché est-berlinois, et
finir la journée en admirant le coucher de soleil sur la ville depuis le Azadi
Panorama. Mission accomplie !
Note pour les lecteurs :
D’après une enquête informelle auprès des Français qui sont venus nous voir à
Dohuk, il semblerait que je sois la seule à porter un jugement aussi négatif et
dévalorisant sur les choix esthétiques des peintres en bâtiment de Dohuk. Pour
ma défense, tous ces personnes venaient d’Erbil, et l’on peut donc légitimement
s’interroger sur leur appréciation – ok, en comparaison avec Erbil la
moche des steppes (à l’exception de sa citadelle), Dohuk la peinturlurée des
montagnes peut sembler avoir un certain charme. Il n’empêche que, dans
l’absolu, ça reste deux laiderons urbanistiques, point.
J'te kiffe Annie!
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