Il fallait bien que ça arrive, la lune de miel ne pouvait pas durer éternellement.
Ca y est, c’est officiel, ce mardi 13 mars 2012 a été mon premier jour de
loose. Quoi, Dohuk ne se révèle finalement pas à la hauteur de mes attentes en
termes d’hibernation sociale, vous demandez-vous certainement, chers lecteurs,
un peu dubitatifs. La valse accélérée des saisons dans les montagnes kurdes
aurait-elle déjà eu raison de mon enthousiasme certainement inexplicable pour
le commun des mortels pour cette aventure un peu folle? Serais-je déjà « cuite »,
périmée pour l’expatriation, à avoir le mal du pays comme un de ces vulgaires
gamins pleurnichant de quitter sa mère pour une semaine de colo (du plus
profond de mon enfance, je les ai toujours méprisés, ces petits morveux) ?
Que nenni les amis, pas de panique. Petite leçon de psychologie mathildo-nomade
(le « mathildo » c’est pas juste pour me la péter genre je développe
des théories psychologies qui portent mon nom, c’est surtout pour signaler que
cette leçon, tirée de l’expérience de la Mathilde qui s’expatrie, n’est pas
forcément généralisable à l’ensemble de la population nomade). Jusqu’à présent,
à chacun de mes déménagements à l’étranger, j’ai eu dans les premiers jours un
petit coup de mou. Le blues du premier soir ou du premier week-end, quand,
après l’excitation du voyage, les découvertes de l’arrivée, voire du premier
jour de boulot, tu te retrouves en fin de journée, tout seul avec tes pensées
et personne avec qui les partager, et que tu es saisi d’un léger doute : est-ce
que je fais pas une connerie, à venir me paumer dans un endroit où je connais
personne juste pour faire un boulot dont je ne suis absolument pas sure s’il me
plaira ou non, alors que je pourrais trouver un job cool-cool qui soit payé
correctement, avoir une vie sociale normale, voir mes copains autant que je
veux, boire l’apéro tous les soirs si ca m’amuse, aller samedi à la fête du crémant
pour y voir tout Châtillon (et en profiter pour me déguiser pour le
tape-chaudron), me programmer enfin une excursion à Amsterdam avec Baptiste Allard, aller à la
grande Bigoterie du mois de juin, aller en Irlande boire de la Guinness,
retourner enfin à Munich à la fête de la bière, me remettre à la chasse à l’homme,
me faire refaire les dents de devant, bref faire toutes ces choses sur ma
checklist mentale depuis le siècle dernier (un peu moins longtemps que ca, pour
les dents). [Admirez donc au passage la phrase de douze lignes.]
Le coup de mou du début est bien normal, quand tu arrives dans un endroit
inconnu tu sais ce que tu laisses derrière toi mais tu ne peux pas être sur de
ce que tu vas trouver. Finalement, c’était justement son absence jusqu’à
aujourd’hui qui l’était moins. Donc voilà : après 4 semaines et demie, ça,
c’est fait ! Maintenant qu’on est rentrés dans la norme de mes aventures
extra-nationales, Dohuk et moi allons pouvoir reprendre le cours de notre
romance et passer ensemble de nouvelles étapes vers une vie normale: trouver
un logement qui ne donne pas sur un mur qui donne sur un mur, avoir de vrais
week-ends, commencer à rencontrer des gens… Et j’en suis sure, notre relation n’en
ressortira que plus forte !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire