Des fois, on a
des coups de mou sans raison : rien ne va objectivement mal, pourtant on a
le bourdon, on broie du noir et on a juste envie de pleurnicher sa mère en se
faisant plaindre par une bonne âme (il doit bien y avoir quelques posts dans
cette veine sur ce blog).
Et ben aujourd’hui,
pour une raison inconnue, c’est l’inverse, j’ai la grosse pêche. Pourtant le
mektoub est pas spécialement de mon côté ces temps-ci : gros coup de
bourre de boulot pour mes dernières semaines seule, une allergie de plus en
plus prononcée à certains de mes collègues, toujours pas de date de départ,
toujours pas de vie sociale, pas de plan cul régulier, d’après mes calculs
encore au moins 18 semaines avant mon prochain passage en métropole (à moins d’un
rapatriement sanitaire mais je bois pas assez pour finir à l’hosto ces temps ci…),
et en plus j’ai mes gnoufs. Et ben allez savoir pourquoi, malgré tout ces
handicaps, je suis aujourd’hui de tellement bonne humeur que je crois bien que
je vais me faire un petit apéro virtuel ce soir! (car : boire seule,
jamais, j’ai des principes moi, mais si tu bois synchro avec un pote à l’autre
bout de la planète en trinquant par sms, alors là c’est pas du tout la même
chose!). A ma sortie du boulot, tout à l’heure, qui marquait le début de la « grosse
partie » de mon week-end, j’ai même été faire un tour au bazar, faire des
courses au marché de fruits et légumes (oui, je répète : Annie est allée
faire le marché !), m’acheter quelques DVD – je suis même passée devant le
cinéma que j’ai vu ouvert pour la première fois, et qui m’a l’air en à peu près
aussi bon état que le Sélect de mon enfance et sa célèbre dégoulinure de milieu
d’écran.
Parenthèse
explicative sur mes week-ends, by the way, qui va certainement vous éclairer un
peu sur le mystère du pourquoi-donc-elle-bouge-pas-plus-durant-ses-week-ends-vu-la-misère-que-c’est-Dohuk.
En fait, pour m’aligner sur mes collègues locaux qui travaillent 6 journées par
semaine (certes un peu moins longues que les miennes), j’ai finalement trouvé après
des mois de week-ends tronqués de toutes parts par les points skype avec Paris
le vendredi, les réunions d’équipe le samedi matin et autres joyeusetés , une
formule à peu près satisfaisante, sinon pour me permettre d’avoir une vie
sociale remplie (les « gens normaux » ont le plus souvent le vendredi
et le samedi de week-end, ici), au moins pour assurer à mon corps (et surtout
mon esprit, qui a mis quasiment une semaine à décrocher du boulot durant mes
vacances de juin) un peu de repos. Je prends, entre le vendredi et le dimanche,
une journée complète et deux après-midis, selon les contraintes de mes
collègues et de boulot. Souvent le vendredi est ma « journée Yousef »,
je vais en visite terrain le matin et je plie bagage vers 14 ou 15h, et
ensuite, le samedi matin je vois mes deux collègues Ameen et Hamdi pour faire
un point sur leur début de semaine, puis, comme au lycée, je suis libérée le midi
(petite pensée émue pour Herr Blatt et son « Guten Tach zusammen ! »)
jusqu’au lundi matin. Fin de la parenthèse « week-end ».
Me voilà donc, un
samedi soir à Dohuk, à n’avoir une fois de plus pour m’occuper que ma propre
compagnie, quelques bières au frigo (achetées aujourd’hui, les premières depuis
début juillet, vu mon état d’esprit de looser de l’été j’ai préféré me tenir
éloignée de la bibine !), le blog pour partager un peu de ma bonne humeur
des premiers jours d’automne dohukois (enfin, « d’été moins », disons
plutôt, il faisait encore 41 cet aprèm, donc même si les soirées sont
maintenant supportables, on est loin d’un mois de rentrée à Nancy… !) et quelques
DVD pas mal dénichés au bazar (je viens d’ailleurs de regarder Hysteria – voir un
film sur l’invention des vibromasseurs à Dohuk, ça ne manque pas de piquant !).
Pour une fois pas de lecture ce soir : je viens de finir The Museum of
Innocence (Pamuk) hier, et je m’octroie
donc ce soir une pause digestive, avant de me lancer demain ou après-demain dans
un nouveau pavé. C’est vrai, quoi, merde, on n’est pas des machines, putain !
Zut
RépondreSupprimerraté l'apéro virtuel
A faire !