dimanche 2 septembre 2012

Le début de la fin

Ça y est les amis, septembre arrive, et ça commence à sentir la fin.
 
Fin de l’été : hier, pour la première fois depuis un siècle, je n’ai vu à aucun moment de la journée une température commençant en 4 ! Et oui : 38 max à 13h,  j’étais presque choquée. Cette nuit j’ai même été obligée de remonter un peu ma clim car il faisait presque frisquet dans ma chambre, alors qu’il y a une semaine, même en la mettant au minimum (16 degrés), pas moyen de fermer l’œil. Et attention (si ça c’est pas un signe, je m’y connais pas en mektoub) :  j’ai même réussi à faire une grasse mat’ aujourd’hui. Pour une fois,  j’ai tenu bon jusqu’à 9h55 !!! De la folie, je vous promets. Vous ne vous rendez certainement pas compte de l’exploit, vous qui dormez du sommeil du juste et pouvez vous payer impunément le luxe de trainer au lit tous les week-ends, mais moi, depuis que je suis ici, je suis réglée comme du papier à musique, levée tous les jours à 7h, en raison d’un étrange mélange de stress, chaleur, luminosité et politique de la journée de week-end unique (et oui, mon week-end est fait d’un jour complet et 2 après-midis ! certes pas idéal ni très pratique pour les escapades hors Dohuk, mais toujours un progrès par rapport au rythme de 6jours travaillés sur 7 que j’ai eu jusqu’en juin). Durant mes vacances de juin ça m’a pris presque une semaine avant de réussir à dormir au-delà de 8h...
 
Fin de mission aussi : la relève arrive en fin de mois, il ne nous reste plus qu’à préciser le calendrier de retrait des troupes, dans la première quinzaine d’octobre.
 
Merde alors, je pars juste au moment où je commençais à me faire un début d’embryon de vie sociale : je connais maintenant au moins 3 personnes à Dohuk en dehors de mes collègues, pas mal pour une ville de plus de 200 000 habitants ! Mais attention, j’ai aussi quelques amis à Erbil, que je peux voir une fois tous les 36 du mois, quand je prends mon courage à deux mains et me motive très fort pour prendre un week-end de 2 jours de suite (c’est mon côté foufou, comme dirait Pierre-Marie Bel – ou en tout cas comme je crois qu’il le dirait, même si des fois je me soupçonne de mettre dans la bouche des gens des expressions qui ne leur appartiennent pas). De toutes façons*, après quasiment sept mois ici, je me suis tellement habituée à la solitude que je préfère souvent l’option casanière à l’option sociale. Pour tout vous dire, papi Didier est de retour depuis deux jours à la maison, et j’ai déjà hâte qu’il reparte : il veut toujours qu’on fasse des choses le soir (« Mathilde, ce soir je vous invite au restaurant », « Ca vous dit qu’on aille faire quelques courses ? »), n’est jamais content de rien (« Le bruit de cette clim est insupportable », « Qu’est-ce qu’on s’ennuie à Dohuk ») alors que moi, la solitude ne me dérange plus, et l’ennui, ça me plaît. Bref, clairement, le mode ours a assez duré, il est grand temps pour moi de revenir un peu à la vie sociale, avant qu’on ne me perde totalement !
* aux Bernard Pivot en puissance : je sais bien qu’en théorie cette expression s’écrit au singulier, mais je n’arrive pas à m’y faire, je trouve pas ça logique, alors je persiste et signe avec mon « de toutes façons » au pluriel !

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