samedi 22 septembre 2012

The Russian Compound (comprenne qui pourra)

J-4 avant le débarquement du remplaçant, je vis donc ces jours-ci mon dernier week-end en solitaire à Dohuk, constitué cette semaine de seulement deux après-midis histoire de décrocher un peu des problèmes de boulot et de ne pas finir ce marathon professionnel dans un bain de sang (j’ai résisté à la tentation du SCAC-Tech, je devrais réussir à me retenir d’un IECD-Tech – enfin, j’espère). Mes petites habitudes de mamie vont cesser les unes après les autres, au fur et à mesure de la mise en œuvre  calendrier de désengagement des troupes : demain mon dernier dimanche à la piscine, la semaine prochaine ma dernière clôture comptable, ensuite viendront la dernière réunion d’équipe, le dernier vendredi à faire chier mon collègue, la dernière sortie de terrain, et ainsi de suite jusqu’au dernier trajet pour Erbil, dans quelques semaines (en espérant éviter de devoir prendre le taxi, pour maximiser mes chances de survie).

Petite parenthèse qui finira certainement de confirmer à une bonne partie des lecteurs mon glissement en pente douce vers la folie: je crois bien que je vais être obligée de revenir en vacances au Kurdistan. Et oui, je pensais innocemment, à mon arrivée en février, pouvoir utiliser mes week-ends pour vadrouiller et découvrir le pays. Qu’elle est mignonne cette Annie avec ses envies de week-end ! Finalement, quasiment toujours coincée à Dohuk par ma seule journée off où, lessivée d’une nouvelle semaine à essayer de faire mon trou parmi ma chère équipe de macho, j’avais tendance à comato-buller, je me suis dit que je prendrais quelques semaines à la fin de ma mission pour road triper ici et au Kurdistan turc. Quelle incorrigible naïveté ! Les contraintes de calendrier me poussent finalement à enfiler ma combinaison en latex de Super-Annie (ben ouais, pourquoi pas ?) et à enchaîner avec ma prochaine mission beyrouthine sans même une petite pause de décompression française, alors mes envies de road trip kurde, autant vous dire que j’ai plus qu’à les ranger bien au chaud dans un coin de ma tête pour les ressortir dans 6 mois ou 1 an, quand j’aurai accumulé assez de vacances pour me payer une petite semaine de pèlerinage kurde.

J’avoue placer de grands espoirs dans cette prochaine étape libanaise. D’abord un retour à une certaine normalité : fin de l’échappée en solitaire, et retour à la société. Et puis, qui sait, Beyrouth sera peut-être mon Sarajevo. Merde, après tout, y a pas de raison que ça n’arrive qu’aux autres ! Après une telle traversée du désert, je l’aurai méritée, ma part du gâteau !

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